un petit morceau de moi

Publié le par gameese

Je me souviens, il faisait froid...

           Debout dans l'encadrement d'une porte coulissante,
j'écoute silencieux les voix de mes nouveaux collègues de
travail.
La pièce est carrelée, maculée de blanc, et me rappelle étrangement la
sensation oppressante que me procurent les hopitaux. Je hais les
hopitaux...
j'ai subitement la nausée. Leur regard posé sur moi m'accuse. Ils me
voient livide n'osant pas franchir le pas décisif qui ferait de moi
l'un des leurs. Je ne veux pas y aller! Putain je veux pas, pourtant
quelque chose m'y pousse indubitablement. Je ravale ma salive, leur
lance un sourire gêné et m'avance vers la table devant eux... Le petit
garçon en moi se cache les yeux, le petit garçon en moi crie :"je veux
pas regarder...!" il implore, mais en cet instant c'est l'adulte qui tient
les rennes. Reste à ta place petit, cache toi les yeux,
regardes pas, c'est pas pour toi. Alors je m'avance et je sens déjà
que je vais le regretter amèrement.
           Les murs s'effondrent sous le poids de mon inconscient,
laissant place à une infinité de lignes vierges. Je me sens aspiré
vers cet infini. Cela ne m'effraie pas le moins du monde. Au fur et à
mesure que j'avance des lettres, des mots viennent se poser sur mon
passage. Je dois regarder, je dois me retourner pour lire tout ça,
pour me souvenir, pour pouvoir avoir une bonne raison de regretter et
finalement, n'avoir aucun regret quand il me faudra partir. Je les lis
à voix haute, elles résonnent comme mille vibrations dans mes tympans
et je comprends alors que je suis en train de les imprimer, là,
maintenant!

           Première rencontre:

"Il me semble cependant
Connaitre cette voix
Si lointaine et pourtant
Si présente à la fois
Une fleur posée
Sur son corps endormi
A tout jamais serein
Si magnifique la mort
Si serein son visage..."


Je n'ai conservé aucune image de ce visage, juste des
impressions... et pourtant, j'en suis sur, il est quelque part, enfoui
au plus profond de moi.
           Ensuite je crois que j'entends quelqu'un me dire: "On
continue la visite..."
J'avance. ils ont des blouses blanches, ils se tiennent droit et
m'observent immobiles pendant que je m'éloigne. Je sais ce qu'ils
pensent. Tiendra, tiendra pas...



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Publié dans Essais341

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Kelein 13/09/2009 16:57

Oui, en effet, avec la photo c'est tout de suite plus compréhensible, merci de signaler que mon commentaire était antérieur à celle ci ^^

D'ailleurs, très jolie photo, qui colle très bien avec le texte.

Lyrya 11/09/2009 15:10

Je pense que j'ai compris moi et brrr la façon dont tu l'expliques :x
J'aime et en même temps c'est effrayant >

gameese 11/09/2009 20:18


En fait j'ai rajouté la photo par la suite. Au début il n'y avait que le texte, mais Kelein me faisait remarquer à juste titre que c'était plutôt obscure en ne donnant aucune clé de
compréhension.
A moins de le savoir quoi :)


Kelein 11/09/2009 11:59

Le style est super sympa. Après, sur le sens, j'ai plus de mal, mais c'est probablement du à la fatigue :D